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Only God Forgives / Nicolas Winding Refn (2013)

Publié par Moup sur 25 Mai 2013, 08:42am

Catégories : #critique, #avis, #film, #nicolas winding refn, #ryan gosling, #only god forgives, #cannes, #trailer

Only God Forgives / Nicolas Winding Refn (2013)

Pu**** Cliff Martinez (musique), Nicolas Winding Refn (réalisateur), Ryan Gosling (acteur)... BOUM! Only God Forgives a réunit le trio gagnant de Drive pour le plaisir de nos yeux et de nos oreilles.


Cliff Martinez. Insoupçonné ancien membre des Red Hot Chili Peppers (1982-1985), il nous a offert une B.O sublime, totalement dans le ton. Mêlant musique traditionnelle et plus actuelle. Par ailleurs, ce n'est pas qu'une ambiance sonore qu'il nous propose, mais presque un nouveau personnage, qui a son propre dialogue.

Nicolas Winding Refn. Derrière la caméra, le Danois, au physique de serial-killer, fait des merveilles. Ici, il cumule les scènes dans lesquelles les perspectives sont comme allongées, étirées à l'infini. Ce qui donne une profondeur sans pareille à l'espace. De même, le travail des couleurs a été fait comme si cela avait été pour une peinture; ce bleu et ce rouge omniprésents, angoissants et...meurtriers. Bangkok a été filmé de manière à la sublimer. Mais le point fort de N.W.R, ce sont les scènes de violence; filmées avec une beauté incroyable. Au point qu'on attends que ça. Que ça frappe, se prendre un coup de poing visuel en pleine tronche.

Ryan Gosling. Acteur remarquable au physique de jeune premier. Cette fois, il a voulu détruire cette image, rompre avec ce qui finirait par le rendre comme une sorte d’idole intouchable. Alors, il se fait casser la gueule, oui. Malheureusement pour lui, ou heureusement pour nous, avec la gueule démontée et son costume 3 pièces, il crève encore plus la caméra. Mutique et expressif comme personne, son rôle est ambigu à la fois fragile et bestial, brut.

Quant à l'histoire du film, elle est envoûtante et malsaine à souhait. Ce rapport plus que douteux entre une mère et son fils cadet qu'elle ne supporte pas, tellement douteux qu'à chaque scène on s'attend à les voir plonger dans l'inceste. Le frère aîné se fait massacrer. La mère, interprétée par Kristin Scott Thomas, transformée en sorte de MILF peroxydée veut le venger mais Julian, le second fils, pense que c'est plus compliqué que ça. A la fois sublime et odieuse, K.S.Thomas parvient à tenir ce rôle avec classe et nous entraîne dans une histoire vengeresse. Jusqu'à la fin. Une histoire d'impuissance aussi. Impuissance sexuelle mais aussi, impuissance à se détacher d'une mère castratrice. Et la vengeance, autant que l'impuissance, amène à la violence... la plus extrême qui soit. Un mot sur Vithaya Pansringarm, qui est incroyable. Incroyable de violence, de justice. Sa justice. Le dieu qui pardonne, ou pas, c'est lui.

En bref, un film étrange, silencieux mais qui tape fort. Certains en ressortiront perdu, dans l'incompréhension ne retenant qu'un chef-d'oeuvre visuel. D'autres seront intrigués et penseront à la possibilité d'un deuxième visionnage afin de mettre à plat ce qui ne l'est pas et apprécier à sa juste valeur ce challenge cinématographique qui a réunit trois personnes de talent. So...wanna fight?

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