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John Frusciante: Une carrière pleine d'albums. Une vie.

Publié par Moup sur 25 Octobre 2012, 09:19am

Catégories : #john frusciante, #avis, #carrière, #musique, #portrait, #zoom

John Frusciante: Une carrière pleine d'albums. Une vie.

Son nouvel album, tant attendu depuis The Empyrean, est sorti il y a tout juste 1 mois. Revenons un peu sur le parcours d'un homme, un guitariste surtout connu pour sa carrière au sein des Red Hot Chili Peppers. Le tout rédigé en collaboration avec Queen Mafalda. Mais d'abord...

Pourquoi écouter John Frusciante?

Si on pense écouter un semblant de RHCP, il faut s'attendre à être déçu. En effet, dans la carrière solo du guitariste on est bien loin des solos de guitare criardes et des stades "bling-bling". D'ailleurs le guitariste devient producteur, bassiste, chanteur...et s'empare plutôt d'une bonne sèche que d'une bonne pédale.

En même temps, quel est l'intérêt d'avoir une carrière solo si c'est pour y refaire la même chose que dans son groupe? John Frusciante a toujours voulu expérimenter, explorer l'idée même de la musique et ce n'est pas dans un groupe aussi mainstream que les Red Hot Chili Peppers qu'il le peut. On sait qu'il a déjà quitté le groupe pour ces raisons; et d'autres.

Alors voilà, on a un artiste qui veut explorer; explorer la création plus que la vie...pour revenir à la vie(par la création). Mourir pour revivre, comme dans l'album-concept The Empyrean (2009)

"..reach into the darkness for what you can find/travel great distance in your mind/the world gets stronger as you start trying things..."(Unreachable).

Il s'agit de mourir de manière spirituelle. L'empyrée, la plus haute des quatre sphères célestes, étant un lieu paradisiaque où l'on se libère de ses péchés.

"...I've gone arounds the side of this universe as it stands/outside the limits of all existence/where light never ends..."(Central).

Puis revivre en comprenant que ce qui était tant cherché à l'extérieur se situe, en réalité, à l'intérieur et l'a, finalement, toujours été.

"...today we're setting our sights for a new land...pains looks on up at me...I am divorced from the image I've created/so many nights and days that are separate from the ages..."(Today). Il fallait juste se pousser dans ses retranchements, au-delà des limites de la vie, pour s'en rendre compte.

Fiction ou réalité? C'est à chacun de vous de juger en écoutant sa musique et en lisant ces textes. Là se trouve la clé. En effet, comme beaucoup d'artistes, ces textes sont des morceaux de vie. Quand on lit les paroles de Blood On My Neck From Success, par exemple, c'est clairement le succès qui le ronge.

On se retrouve face à un jeune homme de 19 ans refusant Zappa pour RHCP, un de ses groupes préférés du moment. Vous vous imaginez-vous? devenir le guitariste officiel de votre groupe préféré alors que votre seule ambition était de devenir skater pro?De là, tout s'enchaine, le succès, les filles à volonté et la drogue...Parallèlement à tout ça, il n'arrête jamais de composer ce qui donnera naissance plus tard au douloureux Niandra Lades & Usually Just A T-Shirt et au très sombre Smile From The Street You Hold. Douloureux et sombre par les paroles, encore, mais aussi et surtout par le son, la voix éraillée, presque détruite.

Un homme qui s'oublie, qui ne s'épanouit plus à jouer les mêmes titres tous les soirs, parce que c'est ça aussi, vivre de sa musique. Alors il sabote tout, les fameux titres qui ont fait la gloire du groupe, comme Under The Bridge, et sa propre personne. Et il aime ça, il ne trouve aucune raison de cesser cette destruction, on ne lui en donne aucune valable à ses yeux.Il crée, compose, peint puis meure. Une fois, deux fois, plusieurs fois.

Isolé et totalement habité par une autre réalité(il déclare lui-même avoir pleuré à la fin de l'enregistrement de Smile From The Street You Hold se sentant inapte à vivre dans le monde réel), il va pourtant revenir, réapprendre à vivre pour mieux expérimenter. Et vous savez quoi? Même "sans aide chimique à la création", cet homme-là, il fait des miracles! Que ce soit avec Californication ou To Record Only Water For Ten Days, le talent est toujours là et le reste aussi. Parce que l'élément, peut-être le plus important, à retenir c'est que quoi qu'il arrive, tout est fait avec honnêteté, sincérité et humanité. Rien n'est triché, si en plein set l'homme se trompe ou ne se souvient pas d'un accord, ce n'est pas un problème, il tend son oreille au public sans aucune gêne.

Voilà pourquoi écouter John Frusciante, parce que de ce que le côté public de sa vie nous donne, c'est un homme, un vrai artiste qui fait les choses comme il le ressent.

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