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Frank Carter & The Rattlesnakes / Blossom (2015)

Publié par Colin sur 20 Décembre 2015, 22:48pm

Catégories : #critique, #album, #musique, #frank carter, #the rattlesnakes, #blossom, #2015, #avis, #gallows

Frank Carter & The Rattlesnakes / Blossom (2015)

« Chassez le naturel et il revient au galop ! » ou plutôt au Gallows dans ce cas précis. Effectivement, c’est avec la furie destructrice d’un cavalier de l’apocalypse que nous revient sur le devant de la scène le tourmenté Frank Carter avec son nouveau projet « Frank Carter & The Rattlesnakes ».


Quatre ans après avoir quitté par choix artistique, l’étouffante potence Gallows, et après avoir mis l’an dernier un terme (non définitif) à sa parenthèse heureuse Pure Love, le teigneux survolté à fleur de peau outrancièrement tatouée est bien décidé à semer son chaos personnel à qui veut l’entendre, et ce n’est pas pour nous déplaire.
Ayant délaissé derrière lui comme une mue, son look de papa posé à barbouse et sa longue tonsure « rousse sang », on redécouvre un Carter rattrapé par ses vieux démons. Accompagné de ses serpents à sonnettes, la rage aux crocs, il nous assène avec Blossom, ses cathartiques salves criardes sans concessions.


Dès le premier morceau (qui ne peut mieux porter son nom que Juggernaut), un riff à la puissance et lourdeur d’un marteau-pilon, sonne un tocsin dévastateur. Entre désirs tortueux et appétit d’absolu, Carter s’y érige en fléau prêt à écraser tout ce qui se mettra sur sa route. Une façon détournée de conspuer au passage, tous « ces groupes de merde » (dixit Carter) de la scène, leur montrant qu’il en a encore sous le coude et leur donnant une grosse leçon d’intégrité. Ça sonne puissamment propre et naturel, sans fioritures chimiques, égal à lui-même…
Un retour aux sources ? Pas tout à fait. Même si on pense à Gallows par moments dans la forme, que ce soit dans la composition, les « sonorités », le chant, voire même par la plume acerbe et incisive de l’auteur avec son lyrisme et ses métaphores mystico-christiques (déjà énormément présentes dans l’ensemble de son œuvre antérieure), Carter témoigne à travers ces 10 titres d’une toute autre approche de fond. Les thèmes et sujets sont abordés de façon plus réflective et introspective que par le passé. Entre colère et sérénité, déchirement et apaisement…
Fruits d’une période de vicissitudes personnelles, les textes relatent d’un questionnement sur lui-même et ses tourments obsessionnels (Trouble,Devil Inside Me, Primary Explosive), son approche face à la mort notamment due à celle de son père (Loss, Beautiful Death, Rotten Blossom), une fable érotique (Fangs) et quelques avanies propres à lui-même comme Paradise ou I Hate You, une lettre de haine impersonnelle qui vient ponctuer cet album en bonne et due forme.


Tout est cohérent artistiquement chez Carter et cet album prolonge, dans la pure continuité logique de sa création précédente, son œuvre. Il y a sur l’ensemble de Blossom, une réelle et subtile empreinte de ses anciens projets travaillée en fonction des thèmes, on sent qu’il a trouvé un certain équilibre. Alors qu’en lui fleurissent des doutes, en nous la certitude de son talent. Une fois de plus, coup de Maitre !
J’ai hâte de découvrir le combo en live et vous laisse sur cette note le soin de découvrir la pépite Blossom.

« C’est que la Mort, planant comme un soleil nouveau, Fera s’épanouir les fleurs de leur cerveau ! »
- Charles Baudelaire

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