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Cobain : Montage Of Heck (2015)

Publié par SarahBuk sur 15 Mai 2015, 10:02am

Catégories : #documentaire, #kurt cobain, #nirvana, #brett morgan, #frances bean cobain, #courtney love, #2015, #avis, #critique

Cobain : Montage Of Heck (2015)

Après presque une vie entière à écouter Nirvana et une période adolescente naïvement dévouée à Kurt Cobain, chaque actualité qui voit le jour nous intéresse. C'est comme ça qu'on a été voir Cobain : Montage of Heck.

Clairement, ce documentaire s'adresse aux connaisseurs. Il n'y a pas vraiment de déblayage préalable et on entre dans le vif du sujet : Kurt Cobain, dès sa tendre enfance, et son amour pour la musique. Basé sur des archives familiales inédites, des enregistrements et ses carnets, le documentaire, chronologique, s'oriente sur la (dé)construction d'un homme qui deviendra leader d'un mouvement musical qui le dépassera. Autant dire qu'il faut être un minimum mordu par la chose si on veut comprendre ce que Brett Morgen a bien voulu nous montrer.

Le travail en amont a dû être colossal et le rendu est stupéfiant. Les montages et la bande-son nous immerge dans le monde de Cobain et c'est avec émotion que l'on vit ce "retour aux sources". Ses dessins prennent vie, sa jeunesse est reconstituée par un animé complété d'une voix-off, le ton est juste. On peut voir des extraits de concerts (l'inégalable Live at Reading ou le MTV Unplugged), l'envers du décor sur le tournage d'un clip (Smells like Teen Spirit) aussi bien que des séquences prises dans l'intimité du couple Courtney / Kurt ou de la famille Cobain. C'est habile, le tout entrecoupé d'interviews des proches : la famille bien sûr, sa femme, son ex petite amie Tracy et son ami et bassiste de Nirvana, Krist Novoselic.

Au delà du bonheur de revoir des concerts sur très grand écran, des dessins jamais vus ou d'entendre des versions originales de certains tubes (All Apologies au xylophone, Smells like teen spirit chantée par une chorale), il subsiste un malaise. Celui de l'intimité. Car la grande question est : est-ce que cela va trop loin? En tant que fan, plus on en sait sur la vie artistique de la personne qu'on admire, mieux c'est. Quant à la vie privée, cela dépend des limites qu'on s'impose. Personnellement, bien que le privé soit, d'une certaine manière, relié à l'art; c'est quelque chose qui nous met assez vite mal à l'aise. Du coup, plusieurs fois, on est mal. Mal de voir les vidéos homemade décousues de deux défoncés, mal de voir les repas de famille à noël et aux anniversaires où on a rien à foutre là. Mal aussi de voir deux parents endeuillés qui n'ont pas compris leur enfant et se rejettent la faute. Enfin, on a pas compris non plus pourquoi Dave Grohl ne faisait pas parti du film.

Alors on se demande : Est-ce que ce malaise est le prix à payer pour comprendre que Brett Morgen, dirigé on le rappelle par Frances Bean Cobain, a voulu redonné le statut d'humain, avec ses peurs et ses défauts, à un héros multi-générationnel?

Tout comme l'était sa personnalité, ce film sur Cobain est complexe, fascinant et déroutant. On ressort du cinéma avec des sentiments contradictoires. Entre écœurement et joie, d'être rentrer trop profond dans la vie personnelle d'un simple mortel, mais aussi d'avoir eu le privilège de connaître un peu plus celle d'une légende du rock et du héros de notre adolescence.

Cobain : Montage Of Heck (2015)
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