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Her / Spike Jonze (2014)

Publié par Moup sur 20 Mai 2014, 08:28am

Catégories : #critique, #film, #avis, #spike jonze, #joaquin phoenix, #scarlet johansson, #rooney mara, #oscars

Her / Spike Jonze (2014)

Dans un futur proche, Theodore fuit la réalité, sa réalité. Celle d'un homme qui rédige des lettres manuscrites pour d'autres, qui fuit son avocat pour rester indéfiniment marié, qui fuit les autres et les vrais rapports humains, ceux qui peuvent blesser. Theodore préfère vivre dans l'illusion.
L'illusion de ne plus subir la solitude, la rupture. Mais l'illusion peut voler en éclat, ce que l'on verra dans la deuxième partie du film. Fini l'euphorie du bonheur et des faux semblants, la réalité le rattrape et le confronte. Néanmoins, après quelques questionnements, Theodore préférera se plonger à corps perdu dans cette illusion, dans tout ce qu'elle a de triste et de réconfortant, jusqu'à ce qu'elle disparaisse... définitivement. Cette illusion s'appelle Samantha et, est un système d'exploitation.

En 2025, les hommes portent des pantalons tailles hautes et des chemises roses ou bleu pastel. En 2025, on parle à son téléphone mais on peut s'installer un "ami", voir plus si affinités, dans son ordinateur. En 2025, on ne s'écrit plus de lettres (en 2014 non plus d'ailleurs, ou très peu) et on ne lit plus de livres sur support papier. Mais en 2025, on est très seul et on tombe amoureux de son OS.


Spike Jonze nous offre une histoire triste mais touchante. Theodore est incarné par un Joaquin Phoenix au top, bercé par la voix de Scarlet Johansson qui n'a pas besoin d'apparaître à l'image pour être sensuelle. Toute la science-fiction du film repose sur la technologie ambiante: les jeux-vidéos, les intelligences artificielles... les décors, eux, sont réels et mis en scène avec talent, faisant uniquement confiance à la lumière naturelle. La photographie est délicate, tout comme la bande-originale, rendant l'univers du film totalement crédible - et effrayant en ce sens que la solitude nous guette tous. Entre gros plan sur son acteur principal et scène d'amour sur fond d'écran noir, Her fait appel à la sensibilité qui sommeille en nous.


Her nous questionne sur le devenir de l'Homme et des rapports qu'il entretient avec les autres, l'Amour et les blessures qu'il en découle, la solitude, la technologie et l'artificiel qu'elle peut apporter à la vie... C'est plein de mélancolie et réussi.

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