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John Frusciante / Enclosure (2014)

Publié par Moup sur 11 Avril 2014, 17:57pm

Catégories : #critique, #musique, #album, #john frusciante, #enclosure, #avis, #record collection

John Frusciante / Enclosure (2014)

Il était bien silencieux depuis 2009 et la sortie du magistral The Empyrean mais c'était pour mieux créer. En effet, John Frusciante a expérimenté dans son studio (à la maison), seul - avec les EP Letur-Lefr et Outsides ainsi que l'album PBX Funicular Intaglio Zone - ou accompagné, comme pour le très bon Medieval Chamber de Black Knights - pour lequel il assure la production et les choeurs d'une bien belle manière - ou encore avec Kimono Kult, projet un peu trop alambiqué pour nos oreilles malgré le retour d'Omar Rodriguez-Lopez, entre autres, à ses côtés.


Prolifique, oui. Toujours puisqu'il en est à son 12ème album solo. Artiste au milles facettes aussi. Multi-instrumentaliste, souvent accompli, qui touche au hip-hop, à l'électro, au rock parfois avec des productions lo-fi, parfois non. Bref, aujourd'hui, c'est le moment d'accueillir Enclosure définit par l'artiste, lui-même, comme étant l'aboutissement de ces 5 dernières années de recherche créative (et à mettre en parallèle avec Medieval Chamber) autour de la musique électronique et de la production. Pour le promouvoir, il a choisit une manière bien farfelue bien que révolutionnaire. En effet, l'album était disponible en streaming 7 jours avant la sortie officielle via un satellite que l'on pouvait suivre grâce à une application téléchargeable gratuitement. Créatif le mec, oui oui.


Enclosure se voulait plus simple, il l'est, mais pas que. Ceux qui en avait marre des rythmiques saccadées et qui break dans tous les sens vont être déçus; elles sont toujours là. Néanmoins, le chant est présent ainsi que la mélodie et surtout une volonté d'homogénéité. L'album s'écoute presque comme un seul et même titre, évolutif et progressiste. Nous bercant parfois et nous heurtant aussi. Des fois au cours d'un seul et même morceau comme Shining Desert. Mais quel ambitieux titre d'ouverture! S'ensuit Sleep qui nous laisse une impression mitigée, c'est sublime et puis c'est bruyant et ça redevient à nouveau sublime...
Au fil des albums, la voix de John Frusciante se fait forte et juste, à un tel point qu'on se demande où sont passés les problèmes de justesse des débuts (qu'on aime tout particuièrement malgré tout).
Et puis Stage et ses sons de synthés parfaits font leur apparition et on se sent comme à la première écoute d'Uprane sur PBX, ébloui. On a presque envie d'en verser une (oui oui une larme!). La guitare est là aussi, toujours, même si c'est d'une manière plus texturale qu'auparavant. Fanfare nous plonge dans une autre époque, comme une interlude qui nous suspend quelque part, ailleurs. Cinch et son solo de guitare ravira ceux qui diront qu'il a oublié ou qu'il s'est perdu en route. Le titre nous ravit aussi, cela va de soi. Et il nous reste seulement trois titres avant la fin. Oui l'album est court, un poil trop. On a envie de chanter Zone du début à la fin et de saluer la fin délicate du morceau. Quand Crowed nous fait agréablement penser à l'album Inside of Emptiness vocalement parlant, alors que certains riffs nous renvoient à Shadows Collide With People. On est content (et encore on vous parle pas de Vesiou, le 2ème bonus de l'édition japonaise, un titre qui laisse sans voix!)


En réalité, cet album est presque aussi fou que PBX Funicular Intaglio Zone ( de son petit nom)mais la vérité, c'est qu'il nous hâppe un peu plus à chaque écoute. Et vous?

Label: Record Collection, sorti le 08/04/2014.

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