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Brody Dalle / Diploid Love (2014)

Publié par Moup sur 22 Avril 2014, 09:38am

Catégories : #critique, #musique, #avis, #brody dalle, #diploid love, #queen of hearts, #caroline, #album

Brody Dalle / Diploid Love (2014)

Avec Diploid Love, Brody Dalle fait son retour sur la scène musicale et elle se permet même de foutre un coup de pied dans le mainstream. Ancienne leader de The Distillers, la rageuse a toujours des choses à dire mais dorénavant elle le fait en mêlant ses origines punks à ses plus récentes créations musciales, teintées rock alternatif (Spinnerette).

Comme on avait pu l'entrevoir avec le single Meet The Foetus/Oh The Joy, Brody Dalle était parvenu à mêler habilement punk et alternatif sous la forme d'un double morceau. C'est après qu'on a commencé à se poser des questions, avec la sortie de Don't Mess With Me, Parties For Prostitutes et Blood In Gutters. Disons que chacun de ces titres n'est pas mauvais (on les apprécie même un peu plus au fil des écoutes, Blood In Gutters en tête, pour ses choeurs et son texte) mais on se demandait où allait nous emmener cet opus. Or, Diploid Love étant le premier album solo de Dalle, il mérite un peu de considération. D'autant plus que non seulement elle a écrit (et plutôt bien en plus!) et composé les titres mais elle a aussi participé à la production et joué de tous les instruments (ormis quand elle laisse sa place à Nick Valensi, entre autres).


L'album étant composé de neuf titres, il nous en restait donc cinq à découvrir. Rat Race et Underworld ouvrent la danse et confirment, par la même occasion, que cet album contiendra du bon et du moins bon. En effet, quand Underworld nous fait plaisir avec son côté punchy et son outro faisant la part belle aux mariachis (oui oui), Rat Race et son synthé' omniprésent nous hérisse un peu le poil, tout comme sa production.
Dressed In Dreams et Carry On, en milieu d'album, marquent une pause par leur différence. Le premier a l'avantage d'avoir une bonne ligne de basse et de mêler les parties chantées aux parties sur lesquelles la voix est plus poussée (comme sur plusieurs morceaux). De ce fait, le titre est un peu plus cossu. Quant à Carry On, le pop rock fait son entrée, bien affirmée. Et c'est là où ça nous fait tout drôle. Même si pléthore d'influences musicales planent au dessus de Diploid Love, tout ne fonctionne pas. La découverte s'achève avec la "fuck you song" dédiée à son père: I Don't Need Your Love. Ce morceau et audacieux par la façon qu'elle a d'utiliser sa voix (radicalement différente de ce que l'on connait d'elle) et par la présence d'instruments tels que les violons, le piano ou les tambourins. Néanmoins, le titre est bon et bien plus efficace qu'un coup de gueule aux allures punks. Brody Dalle n'est plus en colère mais elle n'en mâche pas moins ses mots.


A travers tout cela, une volonté est quand même présente, celle de livrer un album qui correspond à ce qu'elle est aujourd'hui en tant qu'artiste, femme et mère. Et que ça plaise ou pas, on ne peut pas lui enlever cela, Dalle a su évoluer, se servir de ce qu'elle avait et l'associer à ses nouvelles envies. Pour elle, le pari est réussi, pour nous, la pilule est, parfois, un peu dure à avaler.

Edit du 17/05/2014: On ne saurait que trop vous conseillez de prêter une attention toute particulière aux versions live, ou acoustiques; des titres de Diploid Love qui trainent sur la toile (live at the edge, Kerrang, Bell House). En effet, c'est là où le potentiel réel des titres est à son comble, passant au dessus de la production studio qui, parfois, nous dérange et laissant place à des sons rocks plus bruts, enchantés par la voix de Brody Dalle.

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